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vendredi 5 février 2016

À propos du «suprémacisme» anglo-saxon dans la problématique néo-française-québécoise

  • Ma dernière chronique imputait à l’engouement référendaire le délaissement de la construction de l’État réel au profit d’un État fantasmé. Dans un commentaire laissé sous cette chronique, Jean-Claude Pomerleau poussait l’hérésie jusqu’à mettre en doute les « processus spécialisés » d’accession à la souveraineté. Plus précisément, il renvoyait dos à dos le référendum et l’élection décisionnelle, affirmant que ni l’un ni l’autre ne pouvait mener au changement de statut pour le Québec :

    « Pour la simple raison qu’il s’agissait depuis le début d’une approche qui postulait que l’État canadien allait respecter le choix démocratique du Québec. Les faits ont démontrés le contraire. Ce qui n’empêche pas les idéalistes de poursuivre dans le déni de cette réalité. »(1)

    En bousculant 50 ans de souverainisme, M. Pomerleau touche ici à un monstre sacré. Il questionne l’idée bien ancrée que l’État canadien est prêt à respecter le choix démocratique du Québec, cette idée qui colle à la peau de la classe politique souverainiste et qui en a fait sa doctrine. Mais ce consensus doctrinal est pourtant loin de la vérité. Et pour cause, il contredit complètement l’enchaînement des faits historiques. Sa persistance au centre du décor ne semble donc que servir la logique circulaire des « idéalistes » affairés à bricoler leur « déni de cette réalité ».
    Le commentaire de JCP se ramènerait à ceci : 
    1) Le déni de la malveillance de l’État canadien s’est installé dans la foulée du ralliement des nôtres à la propagande positive dans laquelle se drape l’État canadien, autrement dit par la « 
    canadianisation » des mentalités québécoises.
    2) Le dispositif psychologique et politique des Québécois, grandement affaibli par la corruption de la vérité historique en faveur du récit canadian a rendu inopérant l’indépendantisme.
    * * *
    L’espace de cette chronique ne permettra pas de développer suffisamment sur la constance dans la malveillance de l’élite anglo-saxonne canadian. Un rappel succinct de notre histoire longue s’impose tout de même. Essentiellement, cette histoire est marquée par la volonté assimilatrice de notre conquérant, illustrée par l’évolution démographique des locuteurs du français et de l’anglais au Canada, le français parlé ayant passé de 99% à 23%. Les conquérants, hésitants au début dans leur projet, faute de moyens et pour leurs propres intérêts, se sont ensuite repris sans discontinuer pour nous faire disparaître, à mesure que les relations avec la nouvelle république américaine se stabilisaient. Une politique d’État parfaitement assumée par Lord Durham en 1839, qui ne trouva d’autre remède à notre infériorité que par la voie de la totale assimilation à la « race supérieure ».(2)
    L’Acte d’Union, une recommandation du Rapport Durham, légalisait la spoliation économique du peuple fondateur (union des dettes du Bas et du Haut-Canada) en même temps que la mise en œuvre de l’assimilation comme la « solution finale ». La Confédération vint redéfinir en 1967 le rapport de domination dans un contexte où les anglo-saxons étaient entre temps devenus majoritaires, ce qui permettait l’élargissement de la démocratie à leur profit. La Confédération s’imposera quand même en violation des nombreuses assurances politiques données aux Canadiens français pour obtenir leur appui, une tricherie sur laquelle s’attardera longuement Lionel Groulx. L’interdiction de l’enseignement du français un peu partout, la brutale destruction de la colonie de la Rivière rouge et la famine organisée sur le territoire métis, la fin de la coopération avec les autochtones remplacée par leur refoulement dans des réserves et la pendaison de Louis Riel, ne sont que quelques uns des gestes conformes à la politique de ceux qui menaient la Confédération. Le lecteur qui voudra suivre le fil des injustices et des coups de force, dont au moins quatre sont de nature purement militaires, pourra consulter, entre autres, les plus de 900 pages de malveillances que comptent les trois tomes du Livre noir du Canada anglais de Normand Lester.
    On ne peut pas ignorer ce dossier noir. Mais, d’aucuns excuseront le passé pour le distinguer du présent, à tort, arguant par exemple qu’à ces époques une attitude différente de la part du conquérant n’était pas possible. Faux ! L’histoire nous fournit des preuves d’une humanité aux antipodes de la malveillance, une attitude que j’appellerai celle de la « bienveillance du conquérant ». On voit cette attitude plus généreuse illustrée notamment par la célèbre peinture de Diego Velasquiez, Les lances, où le vaincu « ...apparaît avec les clés [de la ville] de Breda à la main et fait le geste de s’agenouiller, geste qui est interrompu par son rival qui pose une main sur son épaule et l’empêche de s’humilier. » (3) En rendant sa dignité à un adversaire qui s’est bien battu, le vainqueur s’élève et conserve sa propre dignité. Nous avons aussi chez-nous des exemples à portée universelle de la bienveillance du plus fort, comme celui qui nous est donné par Samuel de Champlain se liant d’amitié avec tous les peuples indigènes qu’il croisait. (3)
    Mais laissons l’histoire plus lointaine pour nous intéresser plutôt aux faits et gestes du pouvoir fédéral entourant le référendum de 1995 et ses suites. Nous y retrouvons intact la tradition du vainqueur anglo-saxon qui, dès qu’une manifestation de notre volonté de vivre se pointe, qu’il assimile à une menace, n’exclura aucun moyen pour transformer cette aspiration légitime en épreuve de force destinée à accroître sa puissance à nos dépens. C’est ce qu’exprimera avec franchise un Charles « Chuck » Guité en répétant sans élégance : « Nous étions en guerre ».(4) Ce en quoi il n’avait raison qu’à moitié. « Nous avons toujours été en guerre », eut été plus proche de la réalité.
    L’absence de bienveillance à l’égard d’un peuple condamné à ne jamais pouvoir faire le poids en termes militaires, réduit à des moyens limités pour sa défense face à la puissance anglo-saxonne (canadienne et mondiale) qui le harcèle et l’amenuise depuis 250 ans est absolue. Dès lors, est-il étonnant que le vainqueur se montre capable de prendre des libertés occasionnelles avec le droit (qu’il a pourtant lui-même écrit), et avec la démocratie (dont il a lui-même fixé le cadre) ? C’est la pesanteur de cette dictature à laquelle il recourt quand les civilités ne suffisent plus qu’a réédité le vainqueur en 1995 et suivantes, traduisant par « Nous sommes en guerre », l’esprit de sa relation « cordiale » mais conditionnelle avec le vrai peuple fondateur du Canada de l’époque européenne.
    * * *
    Devant une histoire longue qui ne ment pas. Face aux évidences plus récentes et plus prégnantes de 1995 et des années qui suivirent, devant le poids d’un dossier accablant, comment des chefs sérieux pourraient-ils éviter, au minimum, de s’interroger sur les limites démocratiques et pacifiques du Canada en ce qui concerne le destin du Québec ? Je dirais que la doctrine inconséquente à laquelle ils adhèrent les en empêche. C’est ce « déni de réalité » des « idéalistes » que réaffirmait Jacques Parizeau quand il écrivait à notre étonnement, en 2012, lavant le fédéral de sa pingrerie malveillante et de ses « libéralités » envers la démocratie dans sa préface du livre « L’indépendance maintenant »(5), en concluant : « On a longtemps discuté des nombreuses irrégularités qui auraient marqué le vote. Mais le résultat était là. » Fin du paragraphe. Il n’ira pas plus loin. Coupant court à toute explicitation. S’arrêtant net avant de porter un jugement, une appréciation, une évaluation du comportement des autorités fédérales et de ses affidés. (6). Rien. Des « irrégularités », exprimées au conditionnel, dont « on a longuement discuté », dira-t-il, qui ne méritaient pas – qui n’auront jamais mérité – qu’on s’y attarde. Dès le soir du référendum, il était pourtant clair que de irrégularités dignes de mention s’étaient produites.
    Je vais faire ici une petite mise au point. On pourra me reprocher un examen critique des années Parizeau. Je l’assume. Je reconnais que cette critique était plus difficile de son vivant, puisque beaucoup le considèrent comme « le plus grand des souverainistes » et « celui qui nous aura amené le plus près de l’indépendance ». Or cet homme, un grand Québécois, est maintenant décédé. Après avoir pris le temps de lui rendre hommage par des éloges et des funérailles nationales, son œuvre appartient désormais à l’histoire. Mais pour tout dire, la critique dont M. Parizeau est l’objet ne le concerne pas à ce point personnellement. Elle prend davantage à partie la doctrine politique d’une époque... qui l’a précédé et qui lui survit.
    Pour développer le propos, qui reste délicat pour certains, je vais m’effacer un peu pour laisser parler un militant indépendantiste chevronné, en désaccord avec la tournure en queue de poisson que prit la fin du référendum. Son appréciation, exprimée avec beaucoup de circonspection envers Jacques Parizeau, creuse néanmoins le fossé qui sépare la doctrine officielle des militants.
    Voici donc l’extrait hérétique que publiait Robert Barberis-Gervais en juin 2015.(7)
    « Quand Parizeau a parlé et a dit que le camp du OUI avait perdu à cause de l’argent, il aurait dû en tirer la conséquence logique : ne pas accepter les résultats et contester la victoire du NON. Parizeau savait que le camp du NON n’avait pas respecté le plafond des dépenses de 5 millions imposé par la loi québécoise des référendums. Il en savait assez pour justifier le discours suivant qu’il aurait pu prononcer. Jacques Parizeau, le soir du référendum, au lieu de faire le discours qu’il a fait, aurait dû dire :
    

« Mes amis, les résultats du référendum sont tellement serrés que je ne peux pas, ce soir, déclarer que le camp du NON a gagné. Il y a eu 2,308,360 votes pour le OUI (49.42%) et 2,362,648 votes pour le NON (50.58%) soit une différence de 54,288 votes en faveur du NON avec un taux de participation exceptionnel de 93.25%.Et je ne parle pas des votes ethniques encouragés part (sic) le camp du NON qui a incité les leaders des communautés grecque, italienne et juive à faire une conférence de presse conjointe où ils conseillaient aux Grecs, aux Italiens et aux Juifs de voter NON sans oublier les milliers d’immigrants avec lesquels on a accéléré le processus de citoyenneté pour qu’ils puissent voter NON après avoir prêté serment à la reine. Le camp du NON a utilisé des votes ethniques dans un grand élan de nationalisme ethnique. Nous allons réfléchir avant de concéder la victoire. Nos informations sont à l’effet que la loi québécoise des référendums n’a pas été respectée surtout au chapitre de la limite des dépenses permises. Nous en savons assez ce soir pour affirmer que le camp du NON a amplement dépassé la limite des dépenses permises de 5 millions de dollars. Pensez aux dépenses encourues pour organiser le « Love in » du Canada anglais à Montréal. Nous n’irons pas jusqu’à dire que ce référendum a été volé mais plusieurs indices penchent dans cette direction. Nous allons dormir là-dessus et nous vous reviendrons. Nous pensons qu’une commission d’enquête sur les irrégularités commises par le camp du NON pourrait nous permettre de contester le résultat. Paraît-il qu’il y a même eu une organisation secrète nommée Option Canada qui a dépensé beaucoup d’argent pour le NON.Mes amis, nous ne sommes pas une république de bananes où on peut faire n’importe quoi. Il y a des lois au Québec qui encadrent légalement la démocratie, lois que certains vont apprendre à devoir respecter. La démocratie et le fair-play britannique ont des exigences et nous verrons si ces exigences ont été respectées. Si tel n’est pas le cas comme de nombreux indices nous le montrent déjà, nous prendrons les mesures qui s’imposent. Le peuple québécois ne se laissera pas voler son pays. Il se peut même que nous allions en appel devant des instances internationales.Une chose est certaine : je ne démissionnerai pas de mon poste de premier ministre. L’Etat québécois existe et il peut agir. C’est le plus important instrument d’action politique de la nation québécoise. Nous agirons. Bonne nuit. Vous pouvez dormir en paix : votre gouvernement ne vous abandonnera pas. »


    Après 50 ans de militantisme en faveur de l’indépendance ce qui devrait empêcher quiconque de me traiter de gérant d’estrade, j’affirme que ce discours aurait été LA position à prendre qui aurait changé l’histoire du Québec. »
    M. Barberis-Gervais poursuit, s’abstenant de toute critique envers Jacques Parizeau. Il tourne le blâme contre ses « brillants conseillers » et sur Lucien Bouchard... ce en quoi il n’a pas tort, [et qui d’autres encore ?] Mais Jacques Parizeau lui-même ne s’est jamais repris à ce sujet. Même après que furent dévoilés de nouveaux faits incriminant le fédéral. Restant attaché à la doctrine officielle du partenaire fédéral qui a le pouvoir de « dire » la démocratie, un partenaire avec lequel nous devions éventuellement négocier ; il aura marché jusqu’au bout dans les traces de René Lévesque et de Claude Morin pour qui la pathologie suprémaciste de l’élite anglo saxonne est une maladie imaginaire. Il aura ménagé le « partenaire fédéral raisonnable » jusqu’au bout, concluant plutôt, décevant, s’adressant à ses compatriotes, dédouanant la classe politique souverainiste, il dira : « Lorsque, dans la société, l’indépendance du Québec sera redevenue un sujet intéressant, la politique recommencera à s’y intéresser. » Nous y reviendrons.
    Résumons. Au faîte d’un moment « crisique », à ce point d’équilibre instable ou tout pouvait basculer d’un bord ou de l’autre, cette doctrine idéaliste, n’admettait pas de rebondir dans la tension, dès que le Canada sortit ses griffes. Parizeau, homme de ce temps où le récit historique reste, semble-t-il, davantage chevillé à l’encyclopédisme indigné plutôt qu’à l’opérationalité conséquente, a-t-il été plombé par son entourage ? Est-ce ce qui l’aura empêché de nous donner un exemple de liberté ? De dire les mots, « la position qui aurait changé l’histoire du Québec » ? pour citer Barberis-Gervais ?
    RB-G poursuit :
    « Inventer un tel scénario [le discours pugnace de Parizeau qui aurait donné au Québec son de Gaulle du 18 juin 1940] est un exercice d’imagination politique pour faire comprendre où était la voie du courage et de la résistance contre tous ceux que Robin Philpot a dénoncés dans son livre remarquable :« Le référendum volé ».
    Pour nous rafraîchir la mémoire, voyons une présentation du livre « Les secrets d’Option Canada » de Robin Philpot et Normand Lester.
    « Personne, pas même le directeur général des élections du Québec, n’a jamais pu savoir comment Option Canada a dépensé des millions de dollars durant la campagne référendaire de 1995. Lors de leurs précédentes enquêtes, les deux auteurs avaient heurté un mur. Or, voilà que la découverte providentielle d’une boîte de documents comptables change la donne : factures, chèques, listes de noms sont mis au jour !
    Option Canada a été créée dans le plus grand secret le 7 septembre 1995 à la veille du référendum. Alors que la limite maximum permise aux comités pour le OUI et le NON était de 5 millions $, Option Canada a dépensé clandestinement 5,2 millions $ en subventions du ministère du Patrimoine canadien dans le cadre d’un programme d’appui à la dualité linguistique canadienne.
    On y décèle le germe du scandale des commandites : détournement de fonds publics à des fins partisanes, entorses, malhonnêteté et mépris de la démocratie.
    En plus d’étayer la thèse du « référendum volé », les dossiers d’Option Canada montrent que les ténors du NON, de Daniel Johnson à Liza Frulla, en passant par Claude Dauphin, Jocelyn Beaudoin, John Parisella, Pierre Pettigrew, Jean Charest et Lucienne Robillard, ne peuvent prétendre ignorer les magouilles de 1995. »
    Malgré des sources externes relativement nombreuses (Philpot, Lester, Toupin, Gomery...) le principal intéressé, le PQ, a jusqu’ici résisté à la transparence et à la mise à plat du dossier. Or, c’est à lui qu’il revient de nous proposer son bilan de la situation depuis 1995.
    Sérieusement, le PQ doit expliquer comment et pourquoi, dans le cas d’un match référendaire serré il a pu jeter la serviette et refuser d’aller en prolongation ? Comment il a pu démobiliser ses partisans et ouvrir les portes du fort. Permettre par cette démission que les « commandites » puissent déferler sur nous dans un désert d’opposition et que s’entament des années de morosité et de recul ? Comment a-t-il pu faire cela alors que des gains, voir les plus grands, étaient encore possibles en prolongation ?
    Marcel Haché, un familier de Vigile, sortira cette formule lapidaire :
    « C’était le devoir de René Lévesque de démissionner sur le champ après le référendum de 1980 et de remettre ça. C’était le devoir de Jacques Parizeau de rester après celui de 1995, mais lui d’en remettre… »
    Ce qui me rappelle une anecdote où l’on raconte que Vladimir Poutine aurait dit au début de son premier mandat que les dirigeants russes « avaient été souvent soit des alcooliques ou des fous », faisant exception de Pierre Le Grand et de Staline ; de leur coté les chefs québécois semblent pris d’un autre mal, celui de ne pas terminer leur combat ou de changer de camp. Je vous laisse le soin de mettre des noms.
    Plus de 20 ans après le référendum de 1995, le PQ poursuit sa fuite en avant. Il refuse d’ouvrir le dossier d’un épisode catastrophique, espérant un oubli qui contredit notre devise nationale. Il a refusé jusqu’ici de s’engager sur la voie étroite d’une plus grande responsabilité nationale, qui l’obligerait d’examiner avec rigueur l’échec de l’aventure référendaire de 1995.
    Or, comment faire encore confiance à un éventuel gouvernement du Parti québécois sans savoir si ce dernier ne retournera pas à la maison ses bénévoles, déclarant prématurément la fin de la partie ? Vingt ans après le malaise persiste. Et la lente dégringolade, une autre, cette dernière amorcée en 1995, se prolonge. Un petit goût d’amertume a gâté la saveur de la mobilisation populaire. Il faut le noter, tous les gains depuis le soir du référendum ont été faits par les fédéralistes. Foin de partisanerie, le Parti québécois porte la lourde responsabilité d’avoir ouvert les portes du fort. Qu’a-t-il à déclarer pour sa défense ou pour sa réforme ?
    Pour revenir sur cette phrase de Jacques Parizeau : « Lorsque, dans la société, l’indépendance du Québec sera redevenue un sujet intéressant, la politique recommencera à s’y intéresser. » Mais diable, en 1995, c’est la politique qui s’est désintéressée de l’indépendance alors que la société avait donné un signal avec 49,6 % des voix ! Comment « la politique » qui a renoncé à tout (pour ne pas dire qu’elle a trahi la société) peut-elle sans gêne blâmer la société de ne pas s’intéresser à l’indépendance ? C’est l’hôpital qui se fout de la charité ! Et on continuera de blâmer la société pour un appui étonnant de 35 % en faveur de l’indépendance. La question mérite d’être posée en toute bonne foi : De qui se moque-t-on dans les officines nationalistes ?
    Pour la suite des choses au PQ, on peut certes légitimement s’intéresser à monter les dossiers économiques qui pourront démontrer que l’indépendance est viable et avantageuse. Ça, 49,6% le savaient déjà en 1995. Mais comme dans le passé, ce qui risque de déjouer tous les plans, c’est l’irruption de la crise démocratique : le blocage par la force et l’utilisation de moyens douteux du droit du Québec à décider pour lui-même. C’est dans cet type de crise, pourtant pas nouvelle, que les souverainistes ont été incapables de jouer leur rôle en 1995, effondrés de voir se fracasser leurs illusions, tant ils sont persuadés (et propagent eux-mêmes l’idée) que le Canada est un pays raisonnable, « le plusse meilleur pays du monde ».
    Un sursaut s’impose sans lequel les Québécois finiront comme les premiers sacrifiés de la Guerre de quatrième génération (G4G) après avoir été vaincus dans une guerre de conquête ordinaire 250 ans plus tôt. Le Canada travaille à l’absolutisme-suprémaciste anglo-saxon, ce qui explique son absence de bienveillance historique envers les fondateurs du pays qu’ils ont conquis. Chez eux, on va jusqu’à dire que l’indépendance du Québec serait un recul de la civilisation, un crime ethnique, un refus borné de l’universalisme. Bref, une infamie qui justifierait encore une fois l’emploi de tous les moyens pour la contrecarrer. En face, la « canadianisation » tranquille de l’indépendance s’est installée, comme le ver est dans la pomme.

    1. http://vigile.quebec/L-Etat-quebecois-sous-estime
    2. http://www.1837.qc.ca/1837.pl?out=article&pno=document63
    Extrait pertinent, empreint d’une « bienveillante » condescendance, les faire disparaître pour leur bien, propre à l’esprit anglo-saxon depuis l’ère victorienne et son empire colonial. « Ni trop vite, ni trop rudement », sauf s’ils refusent leur disparition et veulent former un pays. « Je n’entretiens aucun doute sur le caractère national qui doit être donné au Bas-Canada : ce doit être celui de l’Empire britannique, celui de la majorité de la population de l’Amérique britannique, celui de la race supérieure qui doit à une époque prochaine dominer sur tout le continent de l’Amérique du Nord. Sans opérer le changement ni trop vite ni trop rudement pour ne pas froisser les esprits et ne pas sacrifier le bien-être de la génération actuelle, la fin première et ferme du Gouvernement britannique doit à l’avenir consister à établir dans la province une population de lois et de langue anglaises, et de n’en confier le gouvernement qu’à une Assemblée décidément anglaise... »
    3. http://gilles-verrier.blogspot.ca/2016/01/a-propos-du-concept-de-la-bienveillance.html
    4. « Nous étions en guerre » http://vigile.net/archives/ds-affaires/docs/02-7-10-lp-commandites.html
    Mais il n’y pas que Guité. http://gilles-verrier.blogspot.ca/2016/01/a-propos-des-cas-de-mepris-de-la.html
    5. L’indépendance maintenant, Collectif des intellectuels pour la souveraineté (IPSO), ed. Michel Brulé, 2012, p. 8
    6. Fin du paragraphe... Et Parizeau de poursuivre dans le paragraphe suivant sur les activités douteuses, objets d’une commission d’enquête fédérale (la commission Gomery) et d’enquêtes policières sans s’interroger plus avant, sans interpeler le lecteur sur la légalité de ces programmes. Il énumère les moyens mis en œuvre par le fédéral pour « remettre le Québec à sa place », soit les moyens « juridiques (renvoi à la Cour suprême, loi sur la clarté), publicitaires (les commandites), financiers (coupures de transferts) et universitaires (bourses du millénaire, chaires de recherche du Canada). Le programme des commandites, une campagne de propagande financée secrètement qui fit l’objet d’une commission d’enquête et d’enquêtes policières et qui souleva d’abondantes protestations, sans s’interroger plus avant, sans interpeler le lecteur sur la légalité de ces programmes. » Le fédéral est gratifié à peu de frais de la légitimité et de la légalité des moyens employés. Les commandites, des moyens publicitaires
    7. http://vigile.quebec/En-1995-Jacques-Parizeau-aurait-du-69438#forum

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