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samedi 5 mars 2016

Donner une chance à la prise du pouvoir - pour une mise en échec de la dénationalisation tranquille du Québec

Commentaire dur l'article suivant : http://vigile.quebec/Tout-miser-sur-le-Pouvoir
[Tribune de Marcel Haché]
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Tout miser sur le pouvoir 


Tout miser sur le Pouvoir. Le titre de Marcel Haché est bon. Car la garantie de résultats, même dans le cas de l'élection d'un gouvernement majoritaire sur une ligne nationale - nationaliste est loin d'être acquise. Mais avons-nous d'autres paris plus prometteurs à part miser sur celui-là ? 
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Prendre le pouvoir pour ne plus jamais le perdre aux mains des libéraux. Prendre le pouvoir pour en chasser graduellement les ennemis de la nation. Ce pouvoir qu'ils ont fini par occuper mur à mur dans toutes les dimensions de l'État, dans la haute fonction publique, dans la magistrature, au Barreau, au Collège des médecins, dans le secteur public et para public, à la Caisse de dépôt et de placement, à la Commission des droits de la personne, à Hydro-Québec, dans les médias. Partout.

Il faut non seulement prendre le pouvoir sur une ligne nationale - nationaliste, mais le prendre avec une victoire convaincante. Une victoire à la Marois, à la Landry et autres gouvernements minoritaires ou légèrement majoritaires serait absolument insuffisante. Il en faut plus pour renverser le cours de la dénationalisation tranquille qui s'est enclenchée au Québec. Il faudra idéalement une coalition du PQ et de la CAQ, dont seuls les augures peuvent deviner les contours. Sans refaire l'union de la nation il ne sera pas possible de commencer à prétendre à quelque chose. Tout le reste, la rêverie républicaine, référendaire et constitutionnelle représentent ce qui nous a toujours nui depuis que nous avons perdu le bon coté du manche et, si nous n'y voyons pas, c'est ce qui nous gardera pour toujours à l'écart de notre indispensable ré-affirmation nationale. Condition préalable pour renouer avec de plus grandes espérances.

Le volontarisme politique est notre pire ennemi. Cette spécialité des cénacles indépendantistes, qui se tiennent chaudement à l'écart de la {realpolitik}, nous pond des plaidoiries poussives pour un autre référendum ou d'autres plans alambiqués. Quelle dispense à bon compte de l'analyse du rapport des forces dans le Québec actuel !

La situation, après des décennies de gouvernement libéral et quelques années de gouvernements péquistes minoritaires et faiblards, ou pas intéressés à gouverner une «méprisable» province, nous a conduit à cette déplaisante réalité : le recul. La question n'est plus de savoir par quels moyens faire l'indépendance, qui est aujourd'hui une question oiseuse, presque scolastique, une perte de temps; mais de savoir si la nation québécoise pourra prochainement se relever et se ressaisir suffisamment pour renverser le cours de sa dénationalisation, l'antichambre de sa disparition.
Ce n'est donc plus de l'indépendance dont il s'agit dans la conjoncture actuelle, mais de savoir si il y aura une nation avec suffisamment de vitalité pour qu'elle retrouve le goût de vivre, cette fierté qui pourra la lancer de nouveau dans la durée. «Les boeufs sont lents mais la terre est patiente», cette idée de Pierre Falardeau est plus actuelle que jamais. Elle devrait nous inspirer pour le temps présent : celui des grandes ambitions dans le sens provincial, un programme peu glorieux pour ceux qui refusent de décrocher du «grand soir».  Voilà hélas où des décennies d'errances nous ont ramenés.

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