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mardi 22 mars 2016

Commentaire - sur une course longue (quantité) et courte (qualité) à la chefferie du Parti québécois



  • gilles verrier

    Monsieur Thomson, vous écrivez :
    De même, il faut être d’une incroyable naïveté pour croire que les politiques d’accueil des émigrants que ce soit au Québec ou dans le reste du Canada resteront sans conséquence pour l’avenir de nos identités respectives, ou suffiront à assurer la survie des valeurs fondamentales qui font et forgent nos identités culturelles et identitaires tout en assurant leur continuité.
    Le problème est que nous venons d’élire un chef qui n’a pas eu besoin de se prononcer clairement sur ces questions, comme le fait remarquer justement M. Ricard. On a eu vite fait de transformer une rare occasion de faire un débat d’idées en concours de personnalités. Plusieurs ont prématurément choisi leur camp. Vigile en est. On n’a pas jugé utile de poser les questions difficiles, de cuisiner les candidats... pour connaître le fond de leur pensée. La politique spectacle étant par définition superficielle.
    Le message de M. Ricard m’a allumé tout de suite. J’ai voulu relire ce que j’écrivais le jour du lancement de la course à la chefferie du Parti québécois, ce parti qui après avoir élu des Pierre-Marc Johnson, André Boisclair et Lucien Bouchard (je vais m’arrêter là) devrait avoir appris le devoir de précaution. Mais il semble que l’espoir de remplacement des libéraux et la cause de la probité gouvernementale suffisent. Le reste est ce qui tient lieu de souverainisme, des paroles. On a rénové. Changé l’appellation de souverainisme par celle d’indépendantisme, priant pour qu’un ravalement de façade change tout l’édifice. Peine perdue, rien n’a changé.
    Nous en sommes à la quadrature du cercle. Le Parti québécois se meurt de vouloir demeurer un parti agréable aux yeux de l’establishment canadien et mondial, auxquels il donne des gages de soumission à répétition tout en croyant demeurer souverainiste. Le dilemme cornélien ne tient plus. Il devra choisir. Dans l’épisode que nous venons de vivre il a choisi pour l’establishment et contre nous. Fidèle à son habitude des petites trahisons, la rectitude politique l’a emportée sur l’indépendance, sur ce que j’appelle à tout le mois un « bon comportement » patriotique. Il n’a pas sauvé l’honneur. Il nous a renié comme l’apôtre Pierre le fit (« Je ne connais pas cet homme ») et c’est maintenant au moins la troisième fois. La coupe est pleine, l’affaire est entendue, ce parti ne fera jamais l’indépendance.
    Nous sommes seuls, affreusement seuls devant le spectre d’un gouvernement mondial-mondialiste qui viendra mettre de l’ordre dans nos affaires, qui nous rendra la sécurité contre le terrorisme en éliminant toutes les souverainetés nationales. Une femme venue d’ailleurs est venu donner une leçon de virilité aux indépendantistes du ravalement de façade. Ils ne l’ont pas reconnue. « Je ne connais pas cette femme », ont-ils dit, je ne connais rien de ce qu’elle dit. Les immigrationnistes-mondialistes auront bientôt plein de sang sur les mains chez nous, comme ils en ont en France et en Belgique. Le PQ est des leurs.
    Voir ma tribune libre (et le fil des messages) pour se rappeler combien nous coute notre naïveté politique collective. Mais plusieurs commencent à y voir clair et c’est encourageant.

2 commentaires:

  1. Monsieur Verrier,

    À force de vous lire, j'en arrive à la conclusion que le parti politique qui pourrait mener le Québec à son indépendance n'existe pas encore, selon vous.

    Peut-être devriez-vous par conséquent songer à en créer un qui réponde en tous points à vos exigences. Je vous suggère trois noms, au choix: le Parti patriote du Québec (PPQ) ou le Front patriote du Québec (FPQ), voire le Front national du Québec (FNQ).

    Dans ce dernier cas, vous pourriez toujours demander conseil à Marine Le Pen! Je suis persuadé qu'elle serait ravie de vous prêter main-forte...

    J'ai l'air de plaisanter, mais je suis tout ce qu'il y a de plus sérieux en vous prédisant que c'est grâce à la division des votes nationalistes que les libéraux de Philippe Couillard vont se maintenir au pouvoir en 2018. Vos propos ne visent en effet qu'à discréditer le PQ et son chef actuel; ils ne peuvent qu'avoir un effet délétère et démoralisant...

    Car même en supposant que vos critiques soient fondées, qu'espérez-vous obtenir en les formulant? Pensez-vous avoir le pouvoir de changer quoi que ce soit à la situation actuelle? Si oui, comment comptez-vous y parvenir?...

    Cordialement,

    Normand paiement

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    1. Bonjour Monsieur Paiement,

      Merci de votre commentaire, je vais tenter d'y répondre le mieux possible.

      D'abord, je ne crois pas que la formation d'un nouveau parti politique soit de quelque utilité. D'abord parce que je crois que la possibilité de changer vraiment quelque chose par les élections se rétrécit de plus en plus. C'est aussi ce que vous dites, je crois, quand vous exprimez l'idée dans un autre message que Marine Le Pen ne peut être élue. Je partage votre avis. Le fait est que toute la classe politique, médiatique et d'affaires va conjuguer ses efforts et dresser l'opinion publique contre elle, comme on le fait présentement, ce qui est un autre exemple, contre Donald Trump qui est tantôt caricaturé et tantôt diabolisé par l'establishment. Et on emploiera contre lui tous les moyens pour qu'il ne parvienne pas à la maison blanche, y compris la suspension ou la torsion des règles. Que ce soit Trump ou Le Pen, indépendamment que je sois d'accord ou pas avec leurs idées ou certaines d'entre elles, je peux prédire que le pouvoir qui fait les chefs d'État ne les a pas choisis et ils n'y arriveront pas. Trump est venu mêler les cartes et il va sortir.
      Pour le PQ, vous me voyez venir, la même médecine s'applique. En 1995, on a mis toute la pression du coté du Canada pour que le Oui ne l'emporte pas, mais s'il était rentré avec quelques points de majorité on aurait saboté sa victoire en empêchant qu'elle devienne effective et, sinon, en empêchant que règne la paix publique.

      Le PQ est au courant de cette menace et il a décidé de ne pas l'affronter. Par conséquent, il baisse le ton et modère son discours le plus possible pour le rendre acceptable à l'establishment national et mondial. Vous allez dire qu'on s'approche d'une dictature mondiale. Je vous répondrai que nous n'y sommes pas loin. La démocratie dans les pays occidentaux ne peut plus s'exercer de façon normale, voyez-vous. Les discours qui ne sont pas conformes et ceux qui les font sont ostracisés.

      Ce que j'espère obtenir ? Rendre plus averti sur le plan politique mes concitoyens qui me lisent. Préparer un après Péladeau, un après PQ, un après crise économique ou un après effondrement du système. Garder la liberté de parole et demeurer lucide en dépit de toute la pression qui vise à formater l'unanimité du discours et à ramener des sujets tabous dans l'espace public. Ce qui ne veut pas dire que je ne voterais pas Péladeau contre Couillard en 2018, ça ne me ferait rien de le faire s'il a des chances de gagner et de remplacer le gouvernement libéral corrompu. Il reste encore du temps avant la prochaine élection. Je ne suis pas dogmatique ou anti-Péladeau ou anti-pq. Mais je ne procède pas à partir d'une logique partisane mais à partir d'une volonté de défendre le bien commun. Mais, pour avoir étudié de longue date la chose politique, je ne me fais pas d'illusion sur la prochaine gouvernance péquiste, si elle se produit. Cela ressemblera à celle de Pauline Marois et de Bernard Landry, pas de quoi fouetter un chat. Cela peut être facilement prédit à partir du comportement actuel de la direction du Parti québécois, de sa psychologie et de la tradition du dit parti. J'espère ne pas trop vous décourager mais il n'y a pas de politique en dehors du réel. C'est en aiguisant son sens critique et son esprit d'analyse que l'on évite de se faire tourner en bourrique par les uns et les autres.

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